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L’homosexualite et la Bible

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L’homosexualite et la Bible – Au temps des patriarches

Genèse 19.24-28 décrit la destruction de ces villes de Sodome et Gomorrhe : « Et l’Eternel dit : Le cri contre Sodome et Gomorrhe s’est accru, et leur péché est énorme. » Gen 18.20

« Ils n’étaient pas encore couchés que les gens de la ville, les gens de Sodome, entourèrent la maison, depuis les enfants jusqu’aux vieillards ; toute la population était accourue. Ils appelèrent Lot, et lui dirent : Où sont les hommes qui sont entrés chez toi cette nuit ? Fais-les sortir vers nous, pour que nous les connaissions ». Gen 19.4-5

Le verbe « connaître » utilisé ici, a le sens évident de relations sexuelles (comme dans la relation d’Adam et Eve en Gen 4.1). L’une des raisons principales du jugement de Dieu sur ces villes de Sodome et Gomorrhe était la gravité des péchés de ses habitants, en particulier dans le domaine sexuel. L’homosexualité est réprouvée dans ce chapitre, elle fait partie de ce « péché énorme » condamnée par Dieu en Gen 18.20. Le mot « sodomie », utilisé encore aujourd’hui, tire son origine de ce récit biblique.

Dans la Loi de Moïse

En Lévitique, il est écrit : « Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination ». Lévitique 18.22

Le contexte de ce passage explique les raisons pour lesquelles Dieu donne le pays de Canaan aux Israélites. En effet les occupants précédents étaient coupables de péchés graves. Avec la zoophilie (rapports sexuels avec un animal), l’homosexualité est l’un de ces péchés (voir Lévitique 18.22-25).

Un autre texte fondamental se trouve dans le chapitre 20 : « Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux ». Lévitique 20.13

Ce passage est le plus radical de la Bible. D’autres péchés étaient passibles de mort comme le meurtre, l’adultère, certaines formes d’occultisme, une insolence exagérée d’un enfant vis-à-vis de ses parents… Il faut aussi reconnaître que la grâce était déjà, en partie, présente dans l’Ancien Testament. Plusieurs croyants « méritant » la peine capitale pouvaient y échapper. Ainsi le roi David, après son adultère avec Bathshéba et le meurtre qu’il a accompli pour camoufler sa faute, ne subira pas la mort (très probablement à cause de son attitude de profonde repentance). Malgré cela, ce texte de Lévitique 20.13 condamne sans réserve la pratique de l’homosexualité.

Le Nouveau Testament

La condamnation du péché est différente dans la Nouvelle Alliance. D’une part, on pourrait dire qu’elle est encore plus radicale et en même temps plus « empreinte de grâce ».

Sa radicalité vient de ce que le Nouveau Testament accentue non seulement l’acte, mais aussi l’accomplissement en pensée. Par exemple, à propos de l’adultère, Jésus dit dans le Sermon sur la Montagne : « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien, moi je vous déclare : tout homme qui regarde la femme d’un autre en la désirant a déjà commis l’adultère avec elle en lui-même. Si donc c’est à cause de ton oeil droit que tu tombes dans le péché, arrache-le et jette-le loin de toi : il vaut mieux pour toi perdre une seule partie de ton corps que d’être jeté tout entier dans l’enfer ». Mat 5.27-29.

D’autres parts, le Nouveau Testament (ou Nouvelle Alliance) est l’alliance de la grâce. Jean écrit : « La loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ » (1.17). Par exemple, lorsque la femme adultère est prise en flagrant délit, Jésus dit à ceux qui voulaient la lapider : « – Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. .. Quand ils entendirent ces mots, ils partirent l’un après l’autre, les plus âgés d’abord. Jésus resta seul avec la femme, qui se tenait encore devant lui. Alors il se redressa et lui dit : – Eh bien, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? – Personne, Maître, répondit-elle. – Je ne te condamne pas non plus, dit Jésus. Tu peux t’en aller, mais désormais ne pèche plus ». Jean 8.7-11

Notons l’équilibre étonnant de ces paroles. Jésus met en avant le pardon qu’il vient accorder (le reste du Nouveau Testament insiste lourdement sur la vie de Jésus-Christ offerte à la croix pour nos fautes afin de nous accorder son pardon ; Jean-Baptiste disait, dès la première fois qu’il le voit : « Voici l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » Jn 1.29). Et en même temps, Jésus fait comprendre à la femme adultère qu’elle ne doit plus recommencer.

Les Epîtres de Paul

a) Paul a écrit à l’Eglise de Corinthe : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les débauchés, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les homosexuels, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu ». 1 Corinthiens 6.9-10

La ville de Corinthe était réputée dans l’Empire Romain pour la démesure de son immoralité. L’apôtre Paul y fonda une Eglise. La pression de la corruption ambiante atteignait ces chrétiens de Corinthe. Un certain nombre d’entre eux n’avaient pas réellement coupé avec leur vie de débauche. Paul doit hausser le ton dans cette épître et faire comprendre qu’un chrétien ne doit pas jouer avec ces dérèglements mentionnés. Deux mots ont un rapport avec les troubles homosexuels. Le premier « efféminés » (« malakos » en grec) signifie : « doux, précieux au toucher », et par extension « efféminé » ou, dans un sens négatif, ce mot désignait « la prostitution masculine »« ou »le fait de se soumettre à des obscénités contre nature« . Le deuxième mot traduit par »homosexuels« ou »infâmes« est »arsenokoites« ( »arsèn« : mâle ; »koitès« : lit) et il signifie : »un homme qui couche avec un autre homme » et aussi tout comportement homosexuel.

Le Nouveau Testament n’a pas réellement modifié son appréciation de l’homosexualité par rapport à l’Ancien Testament. Il s’agit d’un comportement désapprouvé catégoriquement dans l’ensemble de la Bible. Ce texte de Paul le met au même niveau que l’ivrognerie, l’adultère, le vol, l’idolâtrie… En persistant dans ces déviations, Paul explique aux Corinthiens qu’ils ne pourront avoir part au Royaume de Dieu. Dans ses lettres, Paul décrit la « grâce » et le pardon comme personne ne l’a fait, néanmoins, cette grâce n’encourage pas à poursuivre dans le désordre, mais au contraire à changer de comportement : « Car la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée, nous enseignant à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, pour vivre en ce siècle présent dans la réserve, la justice et la piété » Tite 2.11-12,

b) Un autre texte mentionne l’homosexualité en utilisant à nouveau le mot « arsenokoites » (traduit selon les versions par « infâmes », « homosexuels’, »pédérastes »…) :

« Nous n’ignorons pas que la loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime, sachant bien que la loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes, les parricides, les meurtriers, les impudiques, les homosexuels, les voleurs d’hommes, les menteurs, les parjures, et tout ce qui est contraire à la saine doctrine, – conformément à l’Évangile de la gloire du Dieu bienheureux, Évangile qui m’a été confié ».
1 Tim 1.9-10