moman kretyen : Le remariage chrétien sous l’éclairage de trois principes bibliques
Le plateau de l’émission “Moman Kretyen”, animé par Jubau et Reginald, s’est transformé en forum d’exégèse et de confidences le mardi 26 aout 2025 , alors que le pasteur Wilson Sanon est venu déconstruire une idée répandue dans les milieux évangéliques : “Est-ce que la Bible n’autorise le remariage du chrétien que dans le cas de la mort du conjoint ?”
Avec détermination, Pasteur Sanon commence par rappeler la position traditionnelle qui veut que le chrétien ne puisse se remarier que si son ancien époux ou épouse est décédé, citant notamment le texte de Romains 7:2-3 :
« La femme est liée par la loi à son mari aussi longtemps qu’il vit ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi. »
Mais il va plus loin : “La Bible, quand on la lit sans préjugés ni traditions figées, permet le remariage dans trois cas précis — et non pas un seul.” Sous les regards surpris des animateurs, Wilson Sanon expose ces trois situations :
1. La mort du conjoint
C’est le cas reconnu par tous, appuyé par Romains 7:2-3, où la mort libère du lien conjugal et permet de contracter une nouvelle union sans être en faute devant Dieu.
2. L’adultère du conjoint
Il cite ensuite la parole de Jésus dans Matthieu 19:9 :
« Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. »
Wilson Sanon explique : “Quand l’infidélité déchire le foyer, la possibilité du remariage est ouverte selon la parole du Seigneur, qui nuance ici l’indissolubilité du mariage.”
3. L’abandon du non croyant
Enfin, le pasteur évoque 1 Corinthiens 7:15 :
« Si le non-croyant veut se séparer, qu’il se sépare ; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. »
“Il s’agit ici d’une situation où le foyer est impossible à cause de l’abandon. Paul précise que le croyant n’est pas tenu par le mariage dans ce cas, ouvrant la voie du remariage sans fauter devant Dieu.”
Remarquez qu’au verset 12, pour cette troisième condition, l’apôtre Paul précise clairement qu’il ne transmet pas un ordre du Seigneur, mais qu’il s’exprime en son propre nom.
Réactions et ouverture sur la pratique pastorale
L’atmosphère du studio, portée par les questions de Jubau et Reginald, laisse place à une réflexion collective : de nombreux pasteurs ne prêchent que la première condition, tandis que la réalité ecclésiale voit défiler des cas — infidélité, abandon, violence — ignorés ou traités avec rigidité.
Pasteur Sanon conclut avec diplomatie : “Si l’Église veut être fidèle à la parole et juste avec ses brebis, il faut enseigner l’ensemble des possibilités scripturaires… Il y a une urgence pour plus de nuance et de grâce dans la discipline pastorale autour du remariage.”
Par cette intervention, l’émission Moman Kretyen aura permis, le temps d’une soirée, d’ouvrir la réflexion et d’inviter la communauté à lire la Bible autrement, avec exigence et compassion.


