originaire de l’Artibonite, particulièrement Gros-Morne, Prospère est né le 14 janvier 1975. Comptable licencié, il travaille dans le secteur bancaire depuis plusieurs années. C’est un mari et un père d’une fille de trois ans. C’est un fils abandonné par son papa avec qui il n’a pas de bons rapports. Il vit à Port-au-Prince depuis 1995, là où le tournant de sa vie professionnelle et sa carrière musicale allaient changer.
Après des études jusqu’en classe de rhéto chez les frères du Collège Jean XXIII à Gros-Morne, c’est dans la capitale haïtienne que Prospère vient poursuivre son apprentissage, pour une quête de mobilité sociale et de prospérité d’abord au Lycée Alexandre Pétion, puis à la faculté d’Agronomie qui coïncide avec son intégration au groupe Alabanza. Le jeune étudiant et passionné du sax doit choisir : la musique l’emporte. Cependant le groupe lui offre une alternative alléchante sous forme d’une prise en charge des frais d’études jusqu’en troisième à une université privée où il étudie la comptabilité. Pendant une dizaine d’années, Prospère souffle aux côtés de Carl Joseph, Yves Virgile et autres, et contribue aux succès de cet éminent groupe dont il se sépare « partiellement » en 2003

L’âme d’un musicien…

Connaissez-vous un adolescent qui traîne derrière la fanfare d’un cortège funèbre juste pour écouter la musique ? Qui clandestinement assiste intégralement aux heures de pratique de son professeur de musique, le trompettiste et maestro Wilner Jean ? C’est Prospère Marcellus. Il doit patienter jusqu’en classe de septième année fondamentale pour rencontrer l’objet de sa passion au collège Jean XXIII. C’est tout naturellement que le petit Prospère brille en classe de musique, au point de bénéficier, lui et un autre camarade, des cours particuliers. Au fait, c’est de la trompette qu’il apprend à jouer réellement, même s’il a d’abord choisi le saxophone quand il intègre la grande fanfare La Sainte Famille de Gros-Morne pour ensuite devenir son maestro. Son passage dans différents groupes dans sa région natale, notamment l’Orchestre Frères Unis de Gros-Morne et CAMAP, a contribué au raffinement de son talent. Ironie du sort, Prospère revient à son sax, son premier choix, s’y attache définitivement et ne touche plus à la trompette.

L’expérience Alabanza…

Prospère est maintenant à Port-au-Prince, en classe de philo. Pas question de laisser tomber la musique. De l’orchestre Les Triomphateurs à La Voix de Dieu (Lochard Rémy) comme bassiste, en passant par Phare des Jeunes comme guitariste, l’artiste commence à exploiter son sens musical très poussé. Quand Alabanza a besoin d’un saxophoniste pour suppléer à l’absence de Sadrack Désormeau, Prospère passe une audition en octobre 1996 avec « Gloire, gloire Alléluia ». Carly Joseph, maestro du groupe, lui répond en ces mots dont il se souvient infailliblement encore : « M santi Lespri Bondye di m chwazi w. » Le groupe lui procure son premier saxophone et voilà le début d’une grande carrière, et des grandes performances au prix de quatre heures d’exercice par jour ! Que ce soit dans la capitale où dans les villes de province, Prospère multiplie les prestations, en live et en studio, dans une dynamique d’apprentissage continu, non sans l’aide de Carly et d’Yves Virgile. Parallèlement, il offre ses services à d’autres groupes et artistes comme Alléluia, SES, New Life, Julien Janvier. En juin 2003, le groupe Alabanza part pour les USA, lors des événements qui secouent Haïti pendant cette période. Prospère fait partie de ceux qui sont retournés vivre dans le pays, et reprend son poste de chef de caisse à la banque. Toutefois, la collaboration avec le groupe ne s’arrête pas là. Depuis, Prospère est sollicité par Alabanza qui évolue définitivement au pays de l’Oncle Sam, pour des prestations précises. Pas plus tard que février 2015, était avec la mythique équipe lors d’une prestation à Jacksonville.

En solo…

Prospère n’a jamais pensé à se lancer en solo, même si ses fans le lui demandaient fréquemment, jusqu’à ce Ben Sax Estimable, un autre grand saxophoniste chrétien, lui mette la puce à l’oreille. Après un concert de Ben Sax en 2012 au Collège Excelsior à Delmas 75, Prospère a emboîté le pas et a organisé son premier concert gratuit en février 2013, en invitant celui qui l’a inspiré. Coup d’essai, coup de maître, le saxophoniste a offert un concert à couper le souffle à l’Église Baptiste du Tabernacle qui n’a pu contenir la grande foule. Ensuite à l’Église Évangélique Baptiste de Pétion-Ville, puis à la MEBSH à Carrefour, toujours devant une marée humaine. En novembre 2014 et en mars 2015, respectivement à Café Trio et à la MEBSH, Prospère expérimente un concert payant et l’effet va au-delà de ses attentes.

Il joue quoi comme musique ?

Au début, stratégiquement, Prospère propose une liste de chansons très connues qu’il interprète de fort belle manière. Progressivement, il glisse ses propres compositions dans ses prestations. Sa musique instrumentale transmet des émotions. Chaque note est soumise à la discrétion de l’auteur qui s’en approprie et la définit selon son besoin et selon son état d’âme. « Grey’song », écrite pour sa fille, « Rod’song » et « Maria », écrite pour sa femme Maria, se délectent dans une dimension spirituelle. Mais il y a aussi « Medley praise » et « Un chrétien ». Prospère trouve les mélodies et les harmonies, le public trouve les mots.
Le souffle de Prospère a été influencé dans un premier temps par Kenny G. Mais aujourd’hui, il admire la virtuosité de Kirk Whalum, saxophoniste américain, et de Melvin Butler, saxophoniste d’origine haïtienne.

Ses projets…

Prospère est, sans l’ombre d’un doute, très apprécié du public évangélique haïtien. Ses notes expriment, sans mots, des messages d’évangélisation ou de réconfort qui stimulent des larmes de joie. À seulement deux ans de carrière solo, il est déjà à plus de cinq concerts, sans compter les invitations, vu qu’il est très accessible. Dans le souci de satisfaire ses fans, il se donne pour challenge d’organiser deux concerts par an. À plus de huit mois d’avance, toutes les planifications pour le prochain concert de l’artiste en novembre prochain sont déjà au point. Il concocte son premier album qui doit sortir cette année, promet-il. Prospère et sa bande composée de Yves Virgile, Emmanuel Piervil, Stéphane Bien-Aimé, Lionel Pétion, Rodlin Guérilus, Amazan et Claudy répètent régulièrement. Résultat : un jeu d’ensemble hors pair. Prospère Marcellus est certes un saxophoniste chrétien, mais il est très ouvert aux différentes prestations dans d’autres activités sociales, tant qu’elles n’affectent pas sa foi.

Auteur: Joel Fanfan

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