Vie politique de son pays . est-ce que le chrétien peut y participer ?
Muscadin André – Qui est-il?
Originaire de Saint-Raphaël, une ville du Nord à seulement 54 km du Cap-Haïtien, André Muscadin se définit avant tout comme un homme de la province. Après avoir terminé l’école primaire en 1987, il pose ses valises à Port-au-Prince pour débuter le lycée, en pleine période de bouleversements politiques.
Fraîchement arrivé, il doit s’adapter pendant un an pour atteindre le niveau scolaire de la capitale. C’est en 1988 qu’il commence officiellement le secondaire, un parcours qui s’étalera jusqu’en 1994-1995. Dès la classe de 4e, il se lance dans la vidéographie, ce qui lui permet très tôt de décrocher ses premiers jobs pour subvenir à ses besoins, loin de sa famille.
Il termine ses études au lycée Blaise Pascal, où il bénéficie d’un accompagnement solide du directeur, M. Carl Jean-Baptiste. Il profite également du soutien du Collège Adelphos, grâce à son directeur-fondateur, et c’est là que débute son engagement dans le ministère.
À la fin de ses études classiques, il choisit de s’orienter vers la communication. Depuis l’an dernier, il fréquente la Faculté de Droit tout en poursuivant en parallèle une formation en théologie, où il entame sa deuxième année.
Muscadin André, quelle est votre vision d’une émission Evangélique ? Parlez-nous de « Souffle Matinal ». Nous savons que ce nom n’a pas été choisi par vous mais par un autre animateur.
Effectivement, je n’ai pas lancé cette émission, mais c’est grâce à mes choix que le programme a vraiment décollé. J’ai passé huit ans à m’investir à fond dans ce ministère. Durant cette période, j’ai eu des idées d’activités qui continuent de me surprendre aujourd’hui, preuve que j’étais vraiment sur la bonne voie.
J’ai été inspiré, mon imagination a explosé. J’ai organisé des événements phares comme « Ji Zaboka » ou « Souffle du Samedi Soir », un rendez-vous incontournable où les groupes évangéliques venaient performer en plein air, avec ambiance troubadour, fritailles et tout ce qui fait vibrer la cour. J’ai pu compter sur une équipe solide, et petit à petit, je suis devenu l’animateur principal de toutes ces activités. Aux côtés de Jude d’Août, Junel à la guitare, et tout le staff de Sur Le Rocher, j’ai commencé à me faire un réseau, à visiter les églises et à collaborer avec plusieurs groupes, souvent comme MC ou animateur : Oshama, Adonaï, Jéricho, Horeb – le tout premier groupe que j’ai dirigé.
Je me rappelle la première fois qu’on a voulu monter un show : le groupe était bloqué pour 400 gourdes. J’ai décidé de leur offrir la somme. Ils ont été tellement touchés qu’ils m’ont proposé de devenir leur manager. C’est comme ça que mon aventure dans le ministère a vraiment pris son envol.
Pendant ces huit années à « Souffle Matinal », quel a été le moment le plus difficile, celui qui aurait pu vous pousser à tout abandonner si vous n’aviez pas eu la foi et la protection divine ?
« Souffle Matinal » a été pour moi une véritable école de vie. C’est là que j’ai vraiment forgé mon caractère, souvent dans la solitude, uniquement guidé par Dieu. Mes proches ne comprenaient pas toujours mes choix, certains étaient même frustrés malgré le fait que je les avais choisis pour m’accompagner sur ce chemin. Cela m’a appris, parfois à mes dépens, à bien sélectionner les personnes avec qui collaborer et à assumer mes erreurs de jugement.










